5 juillet 2016

Les 4 accords Toltèques : Ayez une parole impeccable

L'introduction. Le pourquoi on en est arrivé là et pourquoi ces billets, c'était hier et c'est juste ici


Impeccable. A chaque fois, ce mot me fait sourire. Je pense soit à une petite blondinette, col claudine et anglaises impeccables ou les meubles de ces intérieurs trop propres d’une netteté impeccable (ce qui n’arrivera jamais chez moi et quand bien même je râle sans cesse sur le bordel, j’en suis ravie).

Pourquoi faire attention à votre parole ?
Votre parole est votre pouvoir créateur.
Quelle que soit votre façon de parler, votre intention se manifeste par la parole. Ce dont vous rêvez, ce que vous sentez et qui vous êtes vraiment.
C’est une force. Elle représente votre capacité à vous exprimer (…) et donc créer les évènements de votre vie.  L’un de ses tranchant est son mauvais usage qui peut concrétiser l’enfer, l’autre est son usage impeccable qui crée la beauté, l’amour (pfiouh) et le paradis sur terre (rien que ça !).

J’avais oublié de préciser que c’était un peu mièvre parfois, vous avez bien vos granules de nux vomica 5CH sur vous en cas de nausée ?

L’esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont continuellement semées : des opinions, des idées, des concepts. (…) La parole est une graine.

Quelqu’un exprime une opinion « Regarde cette fille comme elle est moche ! ». La fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non. Si elle est d’accord avec cette opinion, elle croira qu’elle est laide.

Idem un peu plus loin avec un exemple tout aussi parlant que je vous résume plutôt que de le copier.

Si je crois que je suis stupide, à chaque fois que je vais faire quelque chose qui ne me satisfait pas ou faire une erreur, je vais penser « si j’étais intelligent, je n’aurais pas fait ça, je suis vraiment stupide ».
Ça veut dire qu’à chaque fois, je vais enfoncer, encore et encore le couteau dans la plaie, continuer à croire, me persuader de plus en plus que je suis vraiment stupide.
Ce qui marche aussi bien en remplaçant « stupide » par « bon parent », « bon conjoint », « vrai(e) ami(e) »… Attention si vous faites l’essai ça fait un peu mal.

Avec un tel cercle vicieux de croyances qui s’auto-alimentent, le jour où enfin quelqu’un pourra/voudra montrer qu’on n’est pas nul/stupide/moche, quels efforts devra-t-il déployer pour daigne le croire ?

Le mot impeccable vient du latin (…) signifie donc sans péché.
Un péché est quelque chose que vous commettez contre vous-même.
Etre impeccable c’est donc ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccables, vous assumez la responsabilité de vos actions mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez pas.

Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l’utiliser contre soi.  Si je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d’imbécile, il semble que je me serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l’utilise contre moi car vous allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc si je me mets en colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l’utilise contre moi-mêmeSi je m’aime, j’exprimerai mon amour dans mes interactions avec vous (…) vous m’aimerez en retour.

L’utilisation négative de la parole maintient les uns et les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de doute.

Prenons l’exemple cette femme intelligente et dotée d’un bon cœur. Elle avait une fille qu’elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise journée de travail, fatiguée, remplie de tensions émotionnelles avec un mal de tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme mais sa fille chantait et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l’état dans lequel était sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien, elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et son amour. Elle chantait si fort qu’elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout d’un moment perdit le contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit : Tais-toi, tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ?
En réalité c’est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette dernière a cru ce que sa mère lui avait dit et à cet instant, elle a conclu un accord avec elle-même. Après cet incident, elle n’a plus jamais chanté, car elle croyait que sa voix était horrible et qu’elle dérangeait quiconque l’entendrait. (…)
Tout changea dans la vie de cette petite fille à cause de ce nouvel accord : elle crut qu’elle devait réprimer ses émotions afin d’être acceptée et aimée.

Ça me rappelle une gamine qui n’a plus osé sourire sincèrement, rire franchement après s’être pris  l’un de ses premiers râteaux pour ses « trop grandes dents ». La même gamine qui dix ans après ne voulait pas se marier parce que si elle souriait aussi sincèrement qu’elle était heureuse elle se trouverait affreuse. Et que s’il y a un jour dans sa vie où elle ne supporterait pas de se trouver affreuse, c’était bien celui-ci.  

Dans le pack « trop grandes dents » il y avait un certain « trop intello ». Si vous vous rappelez du billet d’hier et des masques qu’on met pour plaire à autrui, je vous laisse imaginer le casse-tête de cette même gamine, lorsqu’elle a réalisé que ce qu’elle pensait être son seul atout (qui marchait si bien auprès des adultes) n’en était pas un aux yeux des autres du même âge.
Paf, paf et re-paf. C’était juste un petit con hein. C’était juste une phrase en l’air.
Et ça a été 10 ans de ma vie à contrôler chaque sourire, chaque émotion positive parce que « je suis moche quand je suis heureuse ». Et paf. Pour un petit con. Merde.

J’vous rassure, je me suis quand même mariée, avec toutes mes dents et je me suis, sincèrement, trouvée belle. Et toc.  

[Entracte mouchoirs]

Si nous concluons ce premier accord et que notre parole devient impeccable, nous éliminerons progressivement tout poison émotionnel de notre esprit et de nos relations personnes.
Avoir une parole impeccable vous immunisera également contre toutes les paroles négatives d’autrui. Vous ne pouvez recevoir une idée négative que si votre esprit y est ouvert. Votre esprit deviendra stérile pour les paroles issues de la magie noire (= négatives/chargées de poison émotionnel) et deviendra fertile pour celles issues de l’amour.

L’intensité de votre amour-propre et les sentiments que vous nourrissez envers vous sont directement proportionnels à la qualité et à l’intégrité de votre parole. Lorsque celle-ci est impeccable, vous vous sentez bien. Vous êtes heureux et en paix.

C’est pas tentant tout ça ?

Comprendre ce premier accord a été mon point de départ. Le début de quelque chose de nouveau. Comme une porte qui s’ouvre enfin vers un monde beaucoup plus doux et beaucoup plus vaste. Un peu dur au départ de voir à quel point je me suis fait du mal, depuis tout ce temps, à cause de paroles anodines qui avaient finalement une puissance follement dévastatrice. Je crois que j’ai eu pitié de cette pauvre petite chose piétinée que ces croyances avaient fait de moi. J’ai pas tout arrêté du jour au lendemain hein. Juste un peu moins au début, un peu moins souvent, un peu moins sévère. Mes yeux dans le rétroviseur, y sont pas si moches en fait. Un peu moins de jugements, un peu plus de faits. Oui la mâchoire c’est pas trop ça de profil mais de face, c’est pas hideux.

Oui j’ai toujours pas beaucoup de nichons. Mais maintenant je peux enlever les coussinets de mes soutien-gorges sans avoir mal au coeur (t’as pas de seins t’es pas une femme voyons).Et j’ai un cul d’enfer. Et j’ai été une putain de magnifique mariée. Et je ne suis pas prétentieuse pour autant.
(Si vous retrouvez le billet qui dit qu'une femme doit pouvoir se trouver jolie sans qu'on la taxe de prétentieuse, je prends...)

Moins de haine, un début d’amour. Une prise de conscience de la puissance des mots. Oui les gens sont ternes ici, aigris, grincheux, peu importe moi je n’ai plus envie de l’être et si je veux en calculant un peu, je peux adoucir leurs heures.
« Vous avez été efficace, merci ».
« Vous faites votre travail avec le sourire, j’apprécie ».
Vérité. Tendresse. C’est mièvre peut-être mais essayez. De dire sincèrement merci avec de l’amour dans vos yeux et dans votre cœur. La réaction de l’autre et le plaisir que vous en retirerez ne vous décevrons  pas, c’est même drôle parfois de voir leur surprise (OMG une fille sympa, mais ça existe ??). Vous donnez un peu d’amour, vous en recevez. Cqfd.

Ça marche du tonnerre dans le boulot. Essayez la bonne dose d’amour avec le secrétariat téléphonique revêche d’un grand CHU parisien. La personne sera tellement surprise de ce retour inédit qu’elle fera son boulot bien mieux que ce à quoi vous vous attendiez. Quel soignant n’a pas eu envie de continuer à bien faire son travail après un mot de remerciement pour une prise en charge, une collaboration efficace, des nouvelles du patient…? (Et d’abandonner après une énième agression verbale ? ceci étant un autre débat).

Plus d’amour, moins de haine. Dans la gestion des conflits, l’interaction avec les autres au quotidien, ça m’a beaucoup aidée. Je vis les mêmes choses mais je les vis différemment. Le type qui conduit comme un pied devant moi ne génère plus aucune émotion négative. J’adapte ma conduite, j’observe. Soit il est paumé, n’aime pas conduire, s’engueule avec son voisin et dans ce cas je compatis. Soit il conduit comme un kéké parce qu’il en est un, qu’il choisit de prendre des risques parce qu’il ne vole pas assez haut pour comprendre combien une bagnole c’est dangereux et dans ce cas-là, il ne mérite pas que je gaspille mon énergie à me mettre en colère contre lui. Je nous mets moi et ma famille en sécurité et basta.

Bon j’vous dirai si accrochage il y a si j’arrive à être aussi zen. Si c’est le cas, j’vous paye l’apéro.

Un peu pareil pour mon dernier fait de haut rang. Demander au type qui se bourre la gueule à la bière pas chère dans sa caisse, radio à fond sur les places de stationnement DEVANT notre porte ( à 100 gros mètres de son entrée de parking à lui) d’aller le faire plus loin. J’y suis allée seule. Partie en colère, je me suis arrêtée. J’ai chassé la colère. Il n’y a que la vérité qui compte. Il y a des petits chez nous, des poussettes et des courses à sortir, ces places, ça nous arrange de pouvoir nous y mettre alors (tenez-vous bien) « ça serait agréable de votre part d’utiliser les places libres un peu plus loin pour les familles qui vivent ici ». Sous vos applaudissements, Leya, mot pour mot, très en colère. ET BAH IL L’A FAIT. Et il ne s’y est plus garé depuis des mois. J’ai du mal à y croire parce que (re-tenez vous bien), je ne peux pas être assez importante pour qu’on m’écoute ou qu’on veuille accéder à mes demandes. Long way to go.

N’empêche que depuis que j’ai lu ce truc, si chaque jour suffit toujours à sa peine, le bocal de poison émotionnel s’est vidé. Pas complètement. Mais de beaucoup. Matériellement ma vie est la même sauf que avec moins de haine, de colère et plus d’amour qui transite chaque jour, j’vous jure, c’est diablement doux et reposant.

Bon, pour l’extérieur ça va mieux mais rassurez-vous, je suis toujours une mégère à la maison. J’aime aussi fort que je râle, y a encore du travail... 

1 commentaire:

kat aidante a dit…

c'est amusant. il y a des passages de ton billet que j'aurais pu écrire moi-même. les dents, le sourire, la mâchoire de profil/de face, les paroles moqueuses qui forgent toute une vie et conditionnent un destin.
Le désamour familial m'a fait me jeter dans les bras du premier venu qui voulait bien de moi (je me trouvais tellement moche et nulle...) puis d'un autre et encore un autre, la culpabilité qui va avec...
depuis quelques mois, enfin, j’entrouvre la porte d'une vie meilleure. Je sens que ça va être long, mais j'ai bon espoir.
J'attends la suite avec impatience...

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