25 août 2016

Les 4 accords toltèques - Suite et fin

Ce billet est la suite d’un extrait de texte, débuté ici (introduction, accord 1, accord 2), qui n’a pas grand-chose à voir avec la médecine mais plutôt du développement personnel, les chichis en moins. Cela dit en y regardant de plus près, vous verrez sûrement que l’application de ces accords peut être bénéfique dans nos rapports aux autres, personnels mais pourquoi pas professionnels.

Troisème accord : Ne faites pas de suppositions

 Nous faisons des suppositions sur ce que les autres font ou pensent, forts de quoi nous en faisons une affaire personnelle puis nous leur en voulons (…) et nous finissons par créer tout un drame pour rien du tout.

Comme on a peur de demander des explications, on prête des intentions à autrui, on fait des suppositions que l’on croit être vraies ; puis on défend ces suppositions et on donne tort à l’autre.

Il vaut toujours mieux poser des questions que de faire des suppositions, parce que celles-ci nous programment à souffrir.

Nous supposons généralement que notre partenaire sait ce que nous voulons ; nous croyons donc ne pas avoir besoin de lui dire. Nous pensons qu’il va faire ce que nous désirons, parce qu’il nous connaît bien. Et s’il ne le fait pas, nous nous sentons blessés et lui reprochons : Tu aurais dû le savoir.

Alors là franchement hein… 
Que celui qui ne l’a jamais fait se dénonce, j’offre un massage^^

Nous avons besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de nous rassurer. Peu importe que la réponse soit correcte ; le seul fait de trouver une réponse nous rassure.
Nous ne cessons de supposer, parce que nous n’avons pas le courage de poser des questions.

Si vous vous penchez sur la question, vous risquez d’être aussi surpris que moi. C’est finalement dans mon quotidien beaucoup plus fréquent que ce que j’imaginais. Parce que c’est plus simple, plus rapide de conclure sans demander l’avis du premier concerné. Parce que c’est plus discret, plus facile pour l’égo que d’oser mettre en avant qu’on n’a peut-être pas compris ou compris de travers.
Et la supposition ramène plus vite à l’affaire personnelle et la maltraitance personnelle. Supposez-vous souvent que les autres sont heureux ? Ou cherchez-vous plutôt des signes qui montreraient que ça ne va pas, forcément parce que n’étant pas assez ceci ou cela, vous n’avez pas fait ce qu’il fallait pour ? C’était ma philosophie jusque-là, vous n’imaginerez pas combien, avant d’avoir essayé, c’est délétère, c’est lourd à l’échelle du quotidien. Et combien c’est apaisant de ne plus le faire, tout le temps.

Dans le monde médical, ne cessons-nous pas de supposer la douleur de l’autre et le handicap qui en découle ? Supposer que s’il vient jusqu’au cabinet, c’est qu’il n’est pas SI mal ou que s’il appelle trois fois d’affilée c’est qu’il est exigeant ? Supposer, devant une personne inquiète de son état de santé, que c’est peut-être son inquiétude qui a posé le problème (inquiétude qui aurait réussi le tour de force d’altérer la santé sans exister AVANT que la santé ne s’altère, vous la sentez là l’embrouille ?).

Souvent, lorsque vous démarrez une relation avec quelqu’un que vous aimez, vous devez le justifier. Vous ne voyez en lui que ce que vous voulez bien voir, et vous niez l’existence d’aspects que vous n’aimez pas. Vous vous mentez à vous-même afin de vous donner raison. Puis vous faites des suppositions, l’une d’entre elle étant : mon amour va transformer cette personne. Mais ce n’est pas vrai. Si les autres se transforment c’est parce qu’ils veulent changer et non parce que vous en avez le pouvoir. Puis un incident se produit et vous vous sentez blessé. Vous voyez tout d’un coup ce que vous refusiez de voir avant, désormais amplifié par votre poison émotionnel. Il vous faut maintenant justifier votre douleur émotionnelle en rendant l’autre responsable de vos choix.

Joker. J’vais pas masser deux fois !

Essayez simplement d’imaginer le jour où vous arrêterez de prêter des intentions à votre partenaire puis à toutes les autres personnes présentes dans votre vie. Votre manière de communiquer changera complètement et vos relations ne souffriront plus de conflits engendrés par des hypothèses erronées.
Oui après tout, la vie est assez dure comme ça, pourquoi en rajouter ?

Ayez le courage de poser des questions. Utilisez votre voix pour demander ce que vous voulez. Chacun a le droit de vous dire oui ou non et inversement, vous avez toujours la possibilité de dire oui ou non.

Le jour où vous cesserez de faire des suppositions ou de prêter des intentions à autrui, vous communiquerez de façon propre et claire, libre de tout poison émotionnel, votre parole devient alors impeccable.
Et avec ça, on sauverait l’hôpital. Non ?

Quatrième accord : Faites toujours de votre mieux

Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais le même d’une fois à l’autre. Les matins où vous vous réveillez frais et débordant d’énergie, votre mieux sera meilleur que lorsque vous êtes fatigué en fin de soirée. Il sera aussi différent selon que vous êtes en bonne santé ou malade, sobre ou ivre, en pleine forme et heureux ou irrité, en colère ou encore jaloux.

Lorsque vous en faites trop, vous vous videz de votre énergie et vous agissez contre vous-même avec pour conséquence qu’il vous faut d’avantage de temps pour atteindre votre but. Mais si vous faites moins que votre mieux, vous vous exposez aux frustrations, au jugement personnel, à la culpabilité et aux regrets. 

Rien que ça ! Vous n'en n'avez pas marre ? 

Peu importe que vous soyez fatigué ou malade, si vous faites toujours simplement de votre mieux, il vous est impossible de vous juger (…) de subir la culpabilité, la honte et l’autopunition.

Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous passez à l’action. Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie et non parce que vous en attendez une récompense.
Lorsque vous faites de votre mieux, vous apprenez à vous accepter. En étant conscient, vous pouvez apprendre de vos erreurs. Cela signifie vous exercer, regarder honnêtement les résultats de vos actions, et continuer de vous exercer.  

C’est un point intéressant pour le quotidien mais qui pose question quand on le transpose au domaine médical. On est formés dans la honte de l’erreur, formés dans la prétention de faire partie de ceux qui savent tout et qui ne se trompent jamais. Comment un patient pourrait-il accepter que son médecin ou kiné soit moins bon à la 12ème heure de la journée qu’à la deuxième ? Et en même temps, accepterait-il d’être soigné par un robot qui n’aurait pas d’empathie ?
Comment peut-on nous, commencer à reconnaître que nous sommes faillibles quand c’est le quotidien des autres que nous essayons de soulager, quand ce n’est pas des vies que nous avons entre les mains ?

Vous n’avez pas l’impression de travailler dur en faisant de votre mieux parce que vous prenez plaisir à ce que vous faites. Vous faites de votre mieux, parce que vous le voulez et non parce qu’il le faut.

Chaque jour on se réveille avec une certaine quantité d’énergie mentale, émotionnelle et physique que l’on dépense au cours de la journée. Si nous laissons nos émotions nous vider de cette énergie, il ne nous en reste plus pour changer notre existence ou en donner aux autres.
Lorsque vous êtes en colère, rien de ce que vous voyez ne semble aller. Tout paraît faux, rien ne vous satisfait. Lorsque vous êtes triste, tout vous donne envie de pleurer.

Vous vous sentez peut-être vulnérable et vous avez besoin de vous protéger parce que vous ne savez pas à quel moment vous risquez d’être agressé. Vous ne faites plus confiance à rien ni à personne autour de vous. Cela vient du fait que vous regardez le monde avec les yeux de la peur.

Chaque être humain possède un corps émotionnel entièrement couvert de plaies infectées. Chacune suppure du poison émotionnel, provenant de toutes les émotions qui nous font souffrir telles que la haine, la colère, l’envie et la tristesse.

Il n’est pas nécessaire de continuer à souffrir. Tout d’abord, on a besoin de la vérité pour ouvrir ces plaies (…).  On doit pardonner à tous ceux qui nous ont fait du tort, non pas parce qu’ils méritent d’être pardonnés, mais parce qu’on s’aime tellement soi-même, qu’on ne veut plus continuer à payer pour les injustices passées.

Ce point me semble essentiel dans la prise en charge des victimes de violence notamment. Je n’y ai réfléchi que très récemment, suite à cette lecture et effectivement… Assumer d’être victime mais aussi d’accepter qu’on mérite mieux. Pas que les fautifs méritent notre pardon mais que nous méritons moins de souffrances. Ils ne méritent pas vraiment le pardon mais ne méritent encore moins de leur sacrifier une vie heureuse à une vie de souffrance. Facile à dire. Je sais. 

Vous saurez que vous avez pardonné à quelqu’un lorsque vous serez capable de le voir sans réagir émotionnellement. (…) Lorsque quelqu’un peut toucher l’endroit où se trouvait une plaie et que cela ne vous fait plus mal, vous savez que vous avez vraiment pardonné.

Une par une. C’est un long travail, une longue réflexion. Mais quand on sent quelques plaies se refermer, petit à petit, on réalise combien on pouvait souffrir et combien c’est bon cette baisse de la violence en soi.

La vérité est semblable à un scalpel. Elle est douloureuse, car elle ouvre toutes les plaies recouvertes par des mensonges, afin qu’on puisse vous guérir. Ces mensonges sont un dispositif de déni. (…)
Lorsqu’on est débarrassé de toute plaie, on n’a plus besoin de mentir. Le dispositif de déni n’est plus utile car un esprit sain peut être touché sans que cela fasse mal.

Imaginez vous vivre sans craindre d’être jugé par autrui. Vous n’adaptez plus votre comportement en fonction de ce que les autres peuvent penser de vous. Vous n’êtes plus responsable de l’opinion d’autrui. Vous n’avez plus besoin de contrôler quiconque, et personne ne vous contrôle plus non plus.

Imaginez-vous vivre sans juger les autres. Vous pouvez facilement leur pardonner et vous détacher de tout jugement à leur égard. Vous n’avez plus besoin d’avoir raison, ni de donner tort à autrui. Vous vous respectez vous-même, ainsi que les autres et ceux-ci vous respectent en retour.
Imaginez-vous vivre sans craindre d’aimer et de ne pas être aimé. Vous n’avez plus peur d’être rejeté, ni besoin d’être accepté. Vous pouvez dire : je t’aime, sans honte ni justification.


Imaginez que vous vous aimez tel que vous êtes. Vous aimez votre corps tel qu’il est, et vos émotions telles qu’elles sont. 

A bon entendeur. Bisous

1 commentaire:

Georgia a dit…

Merci beaucoup pour ce décryptage, "ya plus qu'à" mettre en pratique... Ce qui est une autre paire de manches ;-)

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